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Chapitre 1

 

 

 

Le voyage de Roze

Rozan Ayla

Le voyage de Roze

Sur les vieilles pages jaunies d’un livre, il était écrit l’histoire d’un dragon malheureux crachant sa haine, cherchant son âme. Est-ce qu’un jour quelqu’un se dressera pour l’affronter ? Est-ce qu’un jour quelqu’un se lèvera pour le sauver ?

Chapitre 1

Le livre et l’épée

            La vision du village de son enfance en flamme, le cri de ses parents en proie à ce terrible incendie qui a tout ravagé. Voilà le cauchemar qui réveillait régulièrement Roze depuis des années.

Chaque fois que Morphée venait la chercher, elle savait qu’il y avait une chance que dans son sommeil elle revive cet horrible jour, le jour où elle a perdu sa famille et son innocence.

Aujourd’hui, la jeune femme de dix-neuf ans réside dans le village de Golden Road, un paisible hameau dans lequel elle est arrivée par la mer qui le borde.

Âgée de douze ans quand elle a posé les pieds sur le sable de cet endroit, l’enfant traumatisée a été recueillie par un villageois nommé Chris.

Cet homme-fée est aujourd’hui son ami et voisin, et la demoiselle s’était endurcie et était devenue une aventurière courageuse et casse-cou.

Elle laissa échapper un long soupir, lassée de faire ce mauvais rêve encore et encore.

La jeune femme gagnait sa vie en effectuant des quêtes dans son village et dans ceux des alentours, mais ces derniers temps, elle n’avait rien à faire, elle s’ennuyait.

Malgré tout, elle se motiva un peu et traina les pieds jusqu’à son placard pour enfiler la tenue qu’elle préférait : une robe bleu marine descendant jusqu’à ses genoux, des collants rayés gris et noir, et des grosses bottes marron.

Puis elle passa devant le miroir de sa salle de bain pour remettre de l’ordre dans ses longs cheveux marron ondulés.

Il ne lui en fallait pas davantage pour se sentir prête à sortir de chez elle ce matin-là.

À peine avait-elle mis le nez dehors qu’elle entendit une mère dire à son enfant :

« Si tu n’es pas sage, le dragon Yasuo viendra te manger ! »

Encore cette vieille histoire ? Se demanda l’aventurière qui avait déjà entendu cette légende locale plusieurs fois. Elle la connaissait par les bruits de couloir, mais ne s’y était jamais intéressée, jusqu’à ce jour.

Souhaitant trouver au plus vite quelque chose à faire, la femme que l’on nommait amicalement Roze, alors qu’elle s’appelait en réalité Rozaku, fila vers la bibliothèque de Golden Road.

Une fois arrivée devant le bâtiment, elle poussa la grande porte en bois grinçant de ce lieu empli d'étagères s’élevant jusqu'au plafond.

Il n'y avait pas grand monde, si ce n’était quelques personnes qui lisaient tranquillement à une table dans un coin.

Cependant, un homme étrangement vêtu attira l’attention de Roze, il ne faisait rien, il était juste là debout à jeter un œil partout.

Ses cheveux étaient longs, châtain foncé, presque noirs et il portait des vêtements sombres et une cape.

Alors qu’elle l’observait silencieusement en continuant d’avancer, le regard de cet étrange personnage croisa le sien, et ils se fixèrent quelques secondes.

Puis Roze le quitta des yeux pour se concentrer sur son objectif : trouver un livre qui pourrait lui en apprendre plus sur la légende du dragon.

La femme se promenait dans les allées de cet endroit apaisant, et par la même occasion elle en profitait pour noter le nom de quelques ouvrages qu’elle voudrait emprunter plus tard.

Après une demi-heure de recherche, elle trouva finalement un livre nommé « La légende de Yasuo »

Un dragon vert en faisait la couverture.

« Ça doit être ça ! » Se dit l’aventurière en emportant le livre vers la bibliothécaire.

Alors qu’elle s’apprêtait à sortir, elle surprit de nouveau l’homme de tout à l’heure la regarder.

En le jaugeant du regard, elle se dit qu’il n’avait pas l’accoutrement d’un épicier, mais peut-être bien d’un aventurier, tout comme elle. Alors qu’elle imaginait cela, elle lui adressa un sourire qu’il lui rendit, puis ferma la grande porte en bois derrière elle.

D’un pas pressé, elle regagna de nouveau sa maison et s’installa à la table de sa cuisine, bien déterminée à découvrir la légende de Yasuo, et peut-être même à savoir où il se trouve.

Mais hélas, en ouvrant le bouquin, la jeune aventurière fut prise d’un grand désarroi. Plus de la moitié des pages étaient déchirées, le reste était illisible.

« Qu’est-ce qu’un livre en si mauvais état faisait à la bibliothèque ?! » Pesta-t-elle, seule dans son logement.

 

La seule information qu’elle avait réussi à récupérer était que le dragon vivrait reclus dans les montages au nord du village.

Alors ni une, ni deux, elle saisit sa sacoche et y enfourna quelques provisions, sa bourse et le livre. Mais au moment de saisir son épée, qui devait se trouver sur sa commode, elle se souvint qu’elle l’avait brisée lors d’une précédente aventure, durant un combat contre un monstre.

Elle se retrouvait donc bien embêtée, car elle ne pouvait pas partir sans arme.

Il lui vint alors l’idée d’aller rendre une visite à vieil ami et voisin : Chris, l’homme-fée qui l’avait pris en charge quand elle était arrivée ici il y a quelques années.

Il était pour elle comme un grand frère, et elle se rendait souvent chez lui pour lui demander des petits services, où pour lui raconter ses aventures trépidantes pendant qu’il nettoyait ses blessures de guerre.

Comme il était moitié homme et moitié fée, il disposait également de pouvoirs curatifs. Il lui suffisait de poser ses deux mains sur une blessure pour la guérir, partiellement ou totalement, selon la gravité. Mais cela lui demandait beaucoup d’énergie vitale, aussi il lui fallait faire attention avec ce don.

Rozaku alla donc encore une fois frapper à sa porte.

« Entrez ! » Cria-t-il depuis sa chaise.

La jeune risquetout ouvrit la porte et passa la tête dans l’embrasure pour constater que son ami était en train de bouquiner tranquillement installé dans son salon.

« Salut ! Lui lança-t-elle d'un ton enjoué. Qu'est-ce que tu lis ? »

Il n'eut pas à lui répondre, car elle pencha sa tête pour déchiffrer le titre de l’ouvrage :

 « Le destin d'une fée ? Ça a l'air bien. Reprit-elle. Il lui sourit, amusé par son habituelle impatience.

- Qu'est-ce qui t'amène ma chère Roze ? Lui demanda-t-il, en lui faisant signe de s'assoir. 

-Oh, eh bien, tu te souviens, j'ai cassé mon épée... Lui expliqua-t-elle en prenant place face à lui.

- Oui, je m’en souviens, et ce n’est pas la première que tu la casses. Il faudrait songer à t’en procurer une chez le forgeron, car tu sais bien que je suis plus doué avec le bois que l’acier. Lui dit-il d’un ton paternel. En plus tu as suffisamment économisé maintenant, non ? Reprit-il.

-Oui, je pense que je peux aller voir pour une nouvelle arme, tu as raison. » Lui répondit-elle en se relevant déjà.

Comme toujours, elle ne tenait pas en place très longtemps, et elle se dirigeait déjà vers la porte d’entrée dans le but d’aller acquérir une arme toute neuve.

« Roze, attends. Dans quelle sorte d’aventure vas-tu encore t’embarquer ? Lui demanda-t-il légèrement inquiet.

-Ne t’inquiète pas ! » le rassura-t-elle avant de claquer le battant derrière elle.

L’homme-fée poussa un long soupir, secouant lentement sa tête baissée, n’étant pas surpris le moins du monde d’un passage aussi rapide de son amie.

« Celle-là, elle ne changera jamais... »

Tout en marchant vers le magasin d’armes, Roze tapota sa sacoche, provoquant un agréable bruit de pièces. Elle s’imaginait déjà avec une belle épée.

L’aventurière poussa la porte du magasin.

« Bonjour ! Lança le vendeur au comptoir. Prenez tout votre temps ! »

La jeune femme balaya la salle du regard : dans une pièce ouverte à côté, un homme chauve travaillait sur une enclume.

Il fit un signe de tête en guise de bonjour, Roze en fit de même.

Elle arpenta cette pièce aux murs de pierre où l’on pouvait admirer des armes de toutes sortes accrochées partout : des haches, des dagues, des masses pointues, mais surtout des épées.

Après avoir scruté chacune d’entre elles, elle fit une mine boudeuse, aucun modèle ne semblait lui plaire, c’était la fin de stock.

Un peu déçue, la jeune femme décida de s’intéresser au travail actuel du forgeron dans l’autre pièce.

Alors qu’elle l’observait battre le fer en silence, il s’arrêta et la fixa quelques instants sans rien dire, puis posa ses outils et retira ses gants.

Roze le regardait partir plus loin, et revenir avec ce qui semblait être un fourreau à épée.

« Tiens, regarde celle-là. » Lui dit-il en lui tendant l’objet.

Roze s’en saisit, et sans hésiter elle sortit l’arme de sa protection pour laisser apparaitre une magnifique épée à la lame argentée donc le manche cuivré était bordé d’améthystes.

Les yeux orange de l’aventurière brillaient d’admiration.

Aucun doute, c’est celle-là qu’elle voulait, et aucune autre.

« Elle te plait ? Lui demanda le forgeron.

-Oui, énormément !

-Très bien, emmène là au comptoir si tu souhaites l’acheter. 

-Merci ! »

Sans attendre, la jeune femme apporta son précieux trésor à la caisse.

« Alors, je vois que vous avez trouvé votre bonheur ! Lui lança le vendeur ravi.

-Oui ça vous pouvez le dire !

-Très bien, alors pour ce modèle, ça fera cinq-cents pièces d’or. » Annonça le commerçant.

Heureusement, la jeune femme avait suffisamment travaillé pour s’offrir cette arme.

Après avoir payé, elle attacha le fourreau de l’épée à sa ceinture.

Il ne lui restait plus qu’à quitter le village et à s’aventurer vers les montages dans l’espoir de trouver cette créature légendaire.

Au fond elle se demandait pourquoi elle le voulait tant, mais qu’importe, la jeune femme était friande d’aventure de ce genre.

***

 

Chapitre 1

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